Le blog de Madame. S journal intime d'une Dominatrice

Portrait-de-Paul-Eluard-par-Salvador-Dali-1929.jpg Portrait de Paul Eluard par Salvador Dali - 1929
Un poème sombre d’Eluard...

Toutes les choses au hasard Tous les mots dits sans y penser Et qui sont pris comme ils sont dits Et nul n'y perd et nul n'y gagne   Les sentiments à la dérive Et l'effort le plus quotidien Le vague souvenir des songes L'avenir en butte à demain   Les mots coincés dans un enfer De roues usées de lignes mortes Les choses grises et semblables Les hommes tournant dans le vent   Muscles voyants squelette intime Et la vapeur des sentiments Le cœur réglé comme un cercueil Les espoirs réduits à néant   Tu es venue l'après-midi crevait la terre Et la terre et les hommes ont changé de sens Et je me suis trouvé réglé comme un aimant Réglé comme une vigne   A l'infini notre chemin le but des autres Des abeilles volaient futures de leur miel Et j'ai multiplié mes désirs de lumière Pour en comprendre la raison   Tu es venue j'étais très triste j'ai dit oui C'est à partir de toi que j'ai dit oui au monde Petite fille je t'aimais comme un garçon Ne peut aimer que son enfance   Avec la force d'un passé très loin très pur Avec le feu d'une chanson sans fausse note La pierre intacte et le courant furtif du sang Dans la gorge et les lèvres   Tu es venue le vœu de vivre avait un corps Il creusait la nuit lourde il caressait les ombres Pour dissoudre leur boue et fondre leurs glaçons Comme un œil qui voit clair   L'herbe fine figeait le vol des hirondelles Et l'automne pesait dans le sac des ténèbres Tu es venue les rives libéraient le fleuve Pour le mener jusqu'à la mer   Tu es venue plus haute au fond de ma douleur Que l'arbre séparé de la forêt sans air Et le cri du chagrin du doute s'est brisé Devant le jour de notre amour   Gloire l'ombre et la honte ont cédé au soleil Le poids s'est allégé le fardeau s'est fait rire Gloire le souterrain est devenu sommet La misère s'est effacée   La place d'habitude où je m'abêtissais Le couloir sans réveil l'impasse et la fatigue Se sont mis à briller d'un feu battant des mains L'éternité s'est dépliée   O toi mon agitée et ma calme pensée Mon silence sonore et mon écho secret Mon aveugle voyante et ma vue dépassée Je n'ai plus eu que ta présence   Tu m'as couvert de ta confiance 
Mar 15 nov 2011 2 commentaires
Maîtresse,, rares sont les jours où je ne cesse de penser à Votre Grandeur, Votre Suprématie, Votre Manière si Personnelle et en même temps si Belle d'exister, ainsi qu'à Votre Sensualité Envoûtante. Depuis plus de 6 ans, je crois en Vous comme on peut croire en une Déesse, car Vous détenez cet Etrange Pouvoir de rayonner sur Vos sujets, même quand le ciel est gris... aaron
aaron - le 21/11/2011 à 00h20
Eluard est un chantre du surréalisme. Dans la relation D/S, nous sommes bien là aux portes d'un univers parallèle qui nous permet de faire tomber les murs érigés autour de nos consciences. Notre monde étriqué où un chat est un chat, et ne sera toujours que cela, nous empêche d'explorer l'autre côté du miroir avec Alice.

Mon pays des merveilles est celui où le costume cynique de mon être est arraché par ma Divine qui pourra à satiété, selon son envie, dessiner à coups de cravache sur mon corps un entrelacs de fantasmagories issues de l'imagination fertile d'une Déesse toute de noire vêtue.

Soumise wanda, attirer comme une mouche vers cette lumière qui va la détruire.
soumise wanda - le 23/11/2011 à 22h16

La noirceur d’Eluard rend son texte profond...

Il y a des jours ou cette noirceur prend même un sens et cette mélancolie peut être valorisée. Car comme tu le dis, il y a des tableaux prédessinés que nous devons reproduire dans notre société, dans la relation D/s, les codes sont inversés et c’est à nous de dessiner notre paysage et nos personnages et dans les situations où nous souhaitons les voir évoluer...

Madame. S